Maman Kanzaku : pionnière de la radio congolaise

Maman Kanzaku : pionnière de la radio congolaise

Il y a 14 ans disparaissait l’une des voix les plus familières de la télévision et radio congolaise, une des pionnières du paysage audiovisuel du Congo.

C’était une femme très passionnée de la musique ancienne « Tango ya ba Wendo » Maman Kanzaku, de son vrai nom Marie-Louise Ngelebeya Mombila est née le 11 novembre 1930, à Kinshasa à l’hôpital général de Kinshasa (Mama Yemo).

Ses cheveux ébouriffés à la naissance ressemblaient aux plumes d’une poule appelée Kanzaku d’où ce surnom de Kanzaku qui marquera toute une carrière et une vie.

Elle a longtemps incarné à la radio, puis à la télévision l’émission « Bakolo Miziki » la musique des anciens, les pionniers de la rumba congolaise.

Elle a grandi dans la maison familiale, dans la commune de Kinshasa, rue Lowa, à un jet de pierre du Jardin Botanique et du Zoo (un quartier très mouvementé à l’époque coloniale), à dix minutes à pied de l'avenue du commerce où les Grecs tenaient boutiques, studios de musique et de bars.

Cette proximité sera décisive dans son cheminement, la mettra aux premières loges dans son parcours professionnel et forgera son destin sur les ondes de radio Léo à l’époque coloniale, de la voix du Congo, puis la voix du Zaïre.

Elle a fréquenté l'école des soeurs immaculées de Marie de saint pierre, elle faisait partie des premières femmes émancipées de Léopoldville, pionnière, dans les années 50, elle roulait à vélo, ce qui était une forme d’émancipation et présageait déjà son trait de caractère.

Très assidue les après-midi au Parc De Boeck, c'est tout naturel qu'elle se jeta dans l’environnement musical, très belle, on l’appelait à l’époque "alinga lisano ou alanga nzembo", coquette fille qui aime la musique.

Les commerçants grecs qui vendaient des pagnes (Papadimitriou) étaient attirés par sa beauté, elle était leur égérie, une des premières promotrices de regroupements des femmes kinoises : bana la mode, bana Amida, bana élégance, bana violette, bana Leo.

Sans à elle et sa collègue Maman Marie-Josée Engea Angebi la jeune génération n’aura jamais entendu parler de Wendo, Dolivera, Bowane, Bokelo, etc... Nombreux gardent en mémoire son professionnalisme, sa bonne humeur, sa beauté, sa rigueur et ses conseils. Elle a tellement marqué l’imaginaire collectif que son nom a subi un glissement sémantique, kanzaku désigne aujourd’hui des pagnes africains (de futures mamans), une tenue africaine, robe en pagne wax pour femme enceinte.

Son nom reste gravé dans la mémoire collective des Congolais.

Décédée le 29 mai 2009, à l’Hôpital Mama Yemo, sa dépouille sera exposée au Jardin botanique de Kinshasa, là où elle a vécu, dans la même résidence familiale.

 

Jean-Claude Mass Mombong

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