Papa Wemba raconté par Sacré Zaza

Papa Wemba raconté par Sacré Zaza

L’un des derniers lieutenants de Papa Wemba et gardien du temple Viva La Musica.

Il est revenu sur la date du 24 avril 2016. Il m’a confié des choses et dit garder un souvenir impérissable de tous ces moments qu’ils ont vécu ensemble.

Le nom  de Sacré Zaza est entré dans le langage courant et a donné naissance à une expression très populaire chez les Congolais « Tula mwisi ya Zaza », terme qui signifie littéralement : prendre la poudre d’escampette, se sauver, fuir face à une situation ou un danger.

On prête à l’artiste musicien Emeneya Kester cette anecdote, lors de leur premier séjour en Europe dans le cadre de Visa 80, les musiciens de Viva La Musica n’étaient plus en règle administrativement.

Au cours d’une sortie dans le quartier Matonge à Bruxelles, Sacré Zaza s’est sauvé en voyant un garde champêtre le confondant avec un policier, d’où l’origine de cette expression. L’intéressé a toujours nié cette version.

Il a été l’ami, le confident, l’homme à tout faire, pendant des années jusqu’à la brutale disparition de Papa Wemba le 24 avril 2016 en Côte d’Ivoire.

Dernière image sur scène de Papa Wemba, le roi de la rumba à Abidjan, Côte d'Ivoire

Il a eu un grand impact à tous points de vue dans la vie de Papa Wemba.

Des grandes stars ont toujours su s’attacher des fidèles inconditionnels, des lieutenants tout dévoués, parfois corvéables vingt-quatre heures sur vingt-quatre heures.

Papa Wemba fut incontestablement le grand maître des amitiés indéfectibles, avec des intimes, des collaborateurs presque fusionnels et un réseau incomparable de fans.

Sacré Zaza avait choisi de vouer son existence au destin de celui qu’il plaçait au-dessus de tout : Jules Shungu dit Papa Wemba.

Il fut son véritable second dans chaque tâche et à tous les moments, une loyauté à toute épreuve accentuée par une disponibilité quasi sacrificielle.

Plus de sept ans après le décès de Papa Wemba, Sacré Zaza retrace sans détour, la face cachée de Papa Wemba, des choses que vous ne connaissez pas sur l’homme privé : la création de Viva La Musica, la gloire, les escapades, les excès, la drogue, l’alcool, les filles d’une nuit-il les connaîtra toutes sans exception-, les virées, les moments de doute, les trahisons, les fissures et le triomphe.

Il a tout connu et tout vécu.

Papa Wemba et Sacré Zaza se sont croisés avant leur vingt-cinq ans, l’un chanteur dans Isifi Lokole et l’autre comme employé (agent douanier, puis employé dans Goodyeard) en 1975, leur amitié va durer plus de quarante-deux ans.

Sacré Zaza et Papa Wemba, 2011 au Bataclan à Paris

Deux fauves aux tempéraments différents régnaient à Kinshasa, Jules Shungu et Evoloko Lay Lay. Dechendra, un ami de Jules (ils étaient propriétaires de Dépôt Bar) le grand frère de Kamba Kamuzuna ne supportait pas des écarts de conduite d’Evoloko sur le timide Jules Shungu dans Isifi Lokole. C’est comme ça qu’ils ont constitué un cercle d’amis pour défendre les intérêts de Papa Wemba.

C’est dans ce cadre-là que Sacré Zaza a connu Papa Wemba par le truchement de son ami Issa Issasi à Renkin, l’actuel Matongé, en 1975, depuis, ils ne se sont plus quittés. Une vie commune de quarante et un an.

Une relation qui restera emblématique pour l'attachement indéfectible qu'ils avaient l'un à l'autre. Il s’est vite imposé dans le cercle proche de l'artiste et de sa femme, Luzolo Marie-Rose dit Amazone et dans l’administration du groupe Viva La Musica.

À l'origine de cette extraordinaire amitié, l'admiration sans borne du jeune Sacré Zaza pour Jules Shungu Papa Wemba déjà vedette.

Sacré Zaza de son vrai nom Dieudonné Ignace Mapesa est né le 26 aout 1948 à Léopoldville.

C’est un natif de Saint-Jean, il a vécu à N'Djili puis à Matongé chez ses cousins germains.

Fils de Valére Mapesa, son père était chauffeur dans l’administration publique et de Georgine Ilayi.

Grâce à Sacré Zaza, Edino Ebola, Sharufa, Bernard Bolengo Samba dit Bayart de Munich, Charly Mboyo, Lombume dit Colonel Jagger, Soki Vangu , Adjani Shako , Marie Omanga, Ya Youyou Mère Supérieure, Mère Malou , le journaliste Nila Mbungu que Viva La Musica a vu le jour le 26 février 1977.

Sans eux, Jules Shungu n'aurait pas été Papa Wemba, cette légende planétaire.

Plus de 50 ans de carrière-des dizaines de tubes-le parcours de Papa Wemba ressemble à une véritable odyssée. Outre ses multiples talents musicaux, le chanteur a eu l'intelligence de s'entourer des meilleurs compagnons de route, l’idole des jeunes était déjà une lumière, les Sacré, Lossikiya Maneno, œuvrant dans l'ombre, l’ont aidé à écrire sa légende.

À suivre…

 

Jean-Claude Mombong

 

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