Des centaines d’habitants de Masisi Centre, contraints de fuir après l’occupation de leur localité par le M23 le 4 janvier 2025, vivent aujourd’hui dans des conditions humanitaires précaires.
Réfugiés dans des villages tels que Kaanja, situé à une dizaine de kilomètres de Nyabiondo (territoire de Masisi) et de Kashebere (territoire de Walikale), ces déplacés décrivent un quotidien marqué par le dénuement.
Un habitant de Masisi Centre témoigne : « Depuis trois jours, nous dormons à la belle étoile ou dans des salles de classe surpeuplées, sans nourriture ni eau potable ». Ce déplacement brutal a plongé des familles entières dans le désespoir, aggravant une situation humanitaire déjà critique dans la région. Le manque d’assistance de la part des autorités et des organisations humanitaires aggrave le calvaire de ces populations.
L’occupation de Masisi Centre par les rebelles du M23 s’inscrit dans une série d’affrontements qui déstabilisent la région depuis des mois. Ces violences ont entraîné des déplacements massifs de populations, mettant sous pression les zones d’accueil. « Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat pour permettre à ces gens de retourner chez eux et de reprendre une vie normale », plaide un habitant.
Les autorités locales, bien que conscientes de la gravité de la situation, peinent à mobiliser des ressources suffisantes pour venir en aide aux déplacés. L’accès difficile à ces zones et l’insécurité persistante compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire. De nombreuses familles se retrouvent ainsi livrées à elles-mêmes, exposées aux intempéries et au manque de nourriture.
L’urgence d’une réponse coordonnée entre les acteurs humanitaires, les autorités locales et le gouvernement central est évidente. Les déplacés appellent également à une pression internationale accrue pour mettre fin aux hostilités dans cette région en proie à des conflits récurrents.
En attendant une solution durable, ces familles continuent de vivre dans l’angoisse et l’incertitude. Leur seul espoir reste la fin des violences, condition essentielle pour reconstruire leurs vies.
Magloire Mutulwa