Dindo Yogo, la grande voix limpide de la musique congolaise, s'est éteinte le 23 août 2000

Dindo Yogo, la grande voix limpide de la musique congolaise, s'est éteinte le 23 août 2000

Les Congolais étaient surpris d'apprendre la mort de Dindo Yogo.

Dindo Yogo, de son vrai nom Théodore Djangi, est un artiste-auteur compositeur de talent, il eut une carrière prolifique, il faut dire que sa large tessiture lui conférait un statut particulier, il avait une qualité vocale exceptionnelle.

Cela fait vingt et trois ans, jour pour jour, que Dindo Yogo est décédé, mais la date anniversaire de sa mort passe quasiment inaperçue. Pourtant, cet artiste a marqué la musique congolaise, aucune commémoration n’a été prévue, le jour de sa mort n’a pas eu de résonance, même à Yolo, dans la commune de Kalamu à Kinshasa, son fief inconditionnel.

La carrière musicale de Yogo a connu de moments de gloire et d’infortune.

Il est né à Lokutu le 30 décembre 1955, dans la province Orientale, il a terminé ses études primaires en province, avant de descendre à Kinshasa. Élève brillant, le jeune adolescent sera inscrit, par la suite, au collège Boboto (ex-Roi Albert 1er) malheureusement, il sera rattrapé par sa vraie passion, la musique qui le détournera des études. Il commence sa carrière musicale très tôt, en 1973 dans l’orchestre « Les Macchis » en compagnie de Théo Lolango et du soliste Nseka Biwela dit « Huit Kilos ».

Il se singularise par sa tessiture, dans les chansons « Chérie Youna » de Théo Lolango et « Etumba na nguaka », Dido Yogo pouvait passer de basse au haute-contre sans effort. Atteint par le syndrome de la « bulle du débutant », le jeune Dindo quitte, en 1975, l’orchestre « Les Macchis » pour créer « Etumba na Nguaka » avec Huit Kilos. Il ne se doutait pas de la traversée du désert qui s’ensuivit, l’aventure ne fit pas long feu, l’artiste sera contraint de retourner dans « Les Macchis » en 1977. Il passera quelque temps à Brazzaville, sans succès au sein d’une petite formation musicale, Masano.

En 1979, il intègre Viva-La-Musica de Papa Wemba, qu’il quittera une année après, pour former les Langa-Langa Stars avec Evoloko, Bozi, Kisangani Djenga Ka, Djanana, Djo Mali et Roxy Tshimpaka. L’aventure s’arrête en 1984, Dido Yogo rejoint Zaïko Langa-Langa de l’insubmersible Jossart Nyoka Longo où il retrouve une panoplie de talents comme Bimi Ombale, Popolipo, Lengi Lenga, JP Buse, Ilo Pablo, etc. Dans sa nouvelle formation, Yogo brillera de mille éclats et feux grâce à sa belle voix.

Lorsqu’en 1988, Zaïko Langa-Langa connaît sa plus grande défection avec le départ d’un bon nombre de musiciens, Dindo Yogo préfère rester avec l’inoxydable président Nyoka Longo.

Véritable meneur d’homme, il est nommé chef d’orchestre, il s’impose. Malheureusement, il s’apprête aux « Nzonzig », aux featurings des prestations ou enregistrements pirates en compagnie d’artistes indépendants-, sans l’accord de la hiérarchie. L’affaire ne plaît pas, le président Jossart Nyoka le congédie.


Dindo Yogo

Il fait exhumer de sa sépulture « Etumba na Nguaka », son ancienne formation, optant pour une nouvelle dénomination « Nguaka Aye ».

Son fils aîné, Lola, lui sert d’auxiliaire, mais le succès lui tourne le dos cette fois-ci.

Sa discographie compte plus d’une trentaine de chansons relevant l’éclectisme de son répertoire et son talent pour la musique. Parmi ses œuvres, on peut citer : Lola muana, Sina nduku, (Viva La Musica), Tantine Betena, Mangasa, Azanga, Nzembo Elengi, Baya mbangu baleka (Langa-Langa Stars) ; Mokili echanger, Baniongo ekeseni, Liwa yo moyibi, Mokili echanger 2ème version (Nguaka Aye), Nzembo elengi. Mais on retrouve également l’inimitable voix Yogo dans Beloti (Viva La Musica), Femme africaine (Langa-Langa Stars), Kabobo, Anzela Mamu et tant d’autres dans Zaïko. Dindo Yogo a participé à plusieurs featurings avec Nzaya Nzayadio, Ya Lengos, Kester Emeneya , Likinga , Reddy Amisi etc....

Un artiste simple qui n’avait que peu de goût pour la célébrité, il était humble.

 

Jean-Claude Mombong

Image